La L-arginine est également importante lorsqu'on parle de « stress latent ». Ce stress se manifeste lorsque la plante semble en bonne santé, mais qu'elle ralentit progressivement sa croissance à cause de petits problèmes qui s'accumulent. Par exemple, la zone racinaire peut se dessécher entre deux arrosages, puis rester trop humide, et enfin subir des températures nocturnes trop basses. Chaque variation de stress oblige la plante à consacrer son énergie à s'adapter au lieu de la faire croître.
Dans ces cas-là, la croissance des plantes peut devenir irrégulière. Une semaine, elles poussent bien, la semaine suivante, leur croissance ralentit. Leurs feuilles peuvent alterner entre des teintes légèrement pâles et légèrement foncées. La nouvelle croissance peut être inégale, ou les extrémités des tiges peuvent sembler lentes à se former. L'arginine étant liée au métabolisme et à la régénération de l'azote, elle permet de mieux comprendre pourquoi ces fluctuations s'apparentent à des « problèmes de redémarrage de la croissance ».
Si l'environnement est stabilisé, la plante se rétablit souvent. Une fois stabilisée, elle peut utiliser efficacement les nutriments riches en azote et assurer une croissance plus uniforme. C'est là que le rôle unique de l'arginine prend toute son importance : elle soutient les réserves internes de la plante pendant sa phase de régénération, l'aidant ainsi à retrouver un rythme de croissance régulier.
Pour repérer ces problèmes précocement, observez la rapidité avec laquelle la plante réagit après la correction d'un problème. Après avoir amélioré la régularité de l'arrosage, la croissance s'améliore-t-elle en une ou deux semaines ? Après avoir stabilisé la température, les feuilles se développent-elles plus uniformément ? Si la plante reste lente à pousser même lorsque les conditions s'améliorent, cela peut indiquer qu'elle a encore besoin de se régénérer et que son métabolisme riche en azote n'est pas encore optimal.
Un autre indice est la texture des feuilles. Lorsque les plantes se régénèrent bien, leurs feuilles ont généralement une texture « normale » pour l'espèce : ni trop fines et papyracées, ni trop molles et gorgées d'eau, ni rigides et flasques. En cas de déséquilibre entre l'azote et les signaux de croissance, la texture se modifie souvent. Des feuilles très molles peuvent indiquer un excès d'azote par rapport à la lumière, tandis que des feuilles rigides et flasques peuvent signaler un manque d'énergie pour la croissance.
Il est également utile d'observer l'espacement entre les nœuds. Lorsque la plante est en bonne santé, cet espacement est constant et adapté à la luminosité. En cas de forte concentration d'azote et de faible luminosité, l'espacement s'allonge. À l'inverse, en cas de faible croissance et de carence ou d'absence d'azote, l'espacement peut se réduire, mais les feuilles restent petites et pâles.
Il ne s'agit pas de symptômes de « carence en arginine » au sens strict. Ce sont plutôt des symptômes de déséquilibre dans le système racinaire, où l'arginine joue un rôle important. En résumé, l'arginine est plus bénéfique pour une plante qui tend déjà vers l'équilibre, et non pour une plante dont le système racinaire est encore instable.
Lorsque la zone racinaire est stable et que les signaux d'azote sont adaptés à la lumière et à la température, la L-arginine devient un élément utile d'une croissance régulière et résistante.