Le cuivre est un oligo-élément, ce qui signifie que les plantes n'en ont besoin qu'en infimes quantités, mais ces infimes quantités sont essentielles. Le cuivre contribue au bon déroulement des processus vitaux des plantes, visibles aussi bien au-dessus qu'en dessous de la surface du sol. Il soutient les enzymes qui régulent la circulation de l'énergie au sein de la plante, participe aux fonctions liées à la chlorophylle même si le cuivre n'en est pas un constituant principal, et joue un rôle important dans la construction de tissus robustes et la résistance au stress. Lorsque la teneur en cuivre est optimale, les plantes ont une apparence plus vigoureuse, avec des pousses plus robustes, des feuilles de meilleure qualité et une vigueur plus constante. En cas de carence ou d'absorption insuffisante de cuivre, les plantes peuvent paraître fatiguées, pâles, déformées ou stagner, des symptômes qui peuvent facilement être confondus avec d'autres problèmes.
Le chélate de cuivre et d'acide aminé est une méthode spécifique d'administration du cuivre qui modifie son comportement dans le substrat de culture et au sein de la plante. Un chélate est simplement un ion cuivre lié à un support organique, ce qui lui permet de rester disponible plus longtemps et de se déplacer de manière plus prévisible. Dans ce cas précis, le support est un acide aminé. C'est important car les acides aminés sont petits et biologiquement familiers ; ils peuvent ainsi limiter les réactions du cuivre avec d'autres substances présentes dans la zone racinaire. Le cuivre est naturellement « collant » et réactif. Dans de nombreux sols et mélanges, le cuivre libre peut se lier fortement à la matière organique, aux carbonates ou à certaines argiles, et une fois lié, il devient plus difficile à absorber pour la plante. Le cuivre peut également être immobilisé en milieu acide (pH élevé). Le chélate de cuivre et d'acide aminé est conçu pour réduire cette immobilisation, rendant le cuivre plus disponible sans nécessiter une acidité excessive ni de fortes doses.
C’est pourquoi le chélate d’acide aminé de cuivre agit différemment des autres sources de cuivre. Nombre d’entre elles se comportent comme un interrupteur marche/arrêt rapide au niveau des racines. Elles peuvent être indisponibles car elles se lient rapidement, ou trop agressives car le cuivre est trop « libre » d’un coup. Avec un chélate d’acide aminé, l’objectif est une disponibilité plus stable et une diffusion plus douce à faibles concentrations. Il faut toujours respecter la marge thérapeutique étroite du cuivre, mais son apport est généralement plus contrôlé. Imaginez qu’on donne du cuivre à la plante avec une poignée, plutôt que de jeter une bille glissante dans le terreau en espérant qu’elle arrive à destination.
Les rôles du cuivre peuvent être regroupés en quelques grands thèmes qui vous aident à diagnostiquer les problèmes et à comprendre ses bienfaits. L'un de ces thèmes concerne l'énergie et le métabolisme. Le cuivre intervient dans les réactions de transfert d'électrons, c'est-à-dire la manière dont les plantes transportent l'énergie à l'intérieur de leurs cellules. Ce transport d'énergie alimente la croissance, l'absorption des nutriments et la capacité de la plante à réagir au stress. En cas de carence en cuivre, même si la plante dispose de suffisamment de lumière, d'eau et de nutriments essentiels, elle semble incapable d'en tirer pleinement profit. Sa croissance ralentit, la qualité des nouveaux tissus diminue et elle paraît léthargique. Un autre thème concerne la vigueur et la structure. Le cuivre contribue au bon fonctionnement des enzymes impliquées dans la formation de la lignine, qui assure la robustesse des tiges et la santé des tissus vasculaires. Lorsque le taux de cuivre est équilibré, les tiges sont moins susceptibles d'être fragiles ou molles, et les nouvelles pousses sont généralement plus résistantes. Un autre thème encore est celui de la reproduction et de la croissance. Le cuivre favorise la formation du pollen et la fertilité chez de nombreuses cultures. Même si vous ne recherchez pas spécifiquement des fruits ou des fleurs, ce même soutien se traduit souvent par une meilleure croissance des nouvelles feuilles et des extrémités plus vigoureuses.
Le cuivre joue également un rôle dans la défense des plantes et leur tolérance au stress. De nombreux cultivateurs constatent qu'un apport équilibré en micronutriments réduit la sensibilité des plantes au « déclin inexpliqué » qui survient après des variations de température, un arrosage excessif ou une croissance accélérée. Le cuivre fait partie des systèmes enzymatiques qui contribuent à la gestion du stress oxydatif, une forme d'« usure » interne qui se développe lorsque les plantes poussent rapidement ou sont confrontées à des conditions difficiles. En cas de carence en cuivre, la plante peut être plus sensible à une forte luminosité, à la chaleur, aux vagues de froid ou à un arrosage irrégulier. Un excès de cuivre peut également provoquer un stress, mais de manière plus sévère et toxique, souvent avec des racines brûlées ou noircies et un ralentissement de la croissance.