Comme le lombricompost est très doux, l'erreur la plus fréquente n'est pas d'en mettre trop, mais plutôt d'en abuser. Un excès de lombricompost dans le terreau peut parfois entraîner une rétention d'eau trop importante, surtout si le reste du terreau est déjà lourd ou fin. Si le terreau reste humide trop longtemps, les racines manquent d'oxygène et la plante peut présenter des signes de stress hydrique, semblables à une carence en nutriments. Les feuilles peuvent jaunir, la croissance ralentir et la plante peut se flétrir malgré un terreau humide. Ce n'est pas le lombricompost qui « brûle » la plante, mais la zone racinaire qui reste trop saturée.
Un autre problème est l'utilisation de compost de mauvaise qualité ou mal manipulé. Un bon compost a une odeur terreuse et douce, comme la terre forestière. Un mauvais compost peut avoir une odeur aigre ou de pourriture, signe de conditions anaérobies. S'il est grumeleux, visqueux ou dégage une odeur désagréable, il peut être plus nuisible qu'utile. En pratique, si vous utilisez un compost qui dégage une mauvaise odeur et qu'une pellicule grise apparaît à la surface du terreau ou que la plante semble dépérir, retirez cette couche et laissez le pot respirer. Un compost sain ne devrait pas dégager ce genre d'odeur.
On peut également observer des symptômes de déséquilibre si l'on suppose que le compost peut tout résoudre. Si une plante souffre d'une véritable carence due à un manque de nutriments disponibles dans l'ensemble du système, l'ajout de compost ne l'améliorera que légèrement et temporairement. La plante risque de rester pâle, sa croissance demeurant faible et ses nouvelles feuilles plus petites que prévu. Le compost améliore l'assimilation et le cycle des nutriments, mais il ne peut pas en créer là où il n'y en a pas. Dans ce cas, la solution ne réside pas dans une plus grande quantité de compost, mais dans un meilleur programme de fertilisation de base, tout en conservant le compost comme stabilisateur.
Pour repérer les problèmes liés aux lombricomposts, observez d'abord l'humidité du sol et le comportement des racines, et pas seulement les feuilles. Si le sol reste humide pendant des jours et que la plante semble fatiguée, le problème vient probablement d'un manque d'oxygène, souvent dû à une trop grande quantité de matières organiques fines ou à un arrosage excessif. Vous remarquerez peut-être aussi la présence de moucherons du terreau, car ils affectionnent les surfaces constamment humides et riches en matière organique. Si des moucherons apparaissent après un apport important d'engrais, cela ne signifie pas que les lombricomposts sont « mauvais », mais plutôt que la surface du sol reste trop humide et leur offre un habitat. Laissez la surface sécher un peu plus entre deux arrosages et évitez les couches superficielles épaisses et constamment humides.
Si vous constatez un jaunissement des feuilles, vérifiez où il commence. Un jaunissement précoce des feuilles les plus anciennes peut indiquer que la plante transfère des nutriments vers les nouvelles pousses, ce qui peut se produire en cas de faible fertilité du sol ou d'absorption limitée. Un jaunissement précoce des jeunes pousses peut signaler un autre problème, notamment un stress racinaire. Le lombricompost peut favoriser l'absorption des nutriments lorsque les racines sont saines, mais si elles sont asphyxiées par l'humidité, un jaunissement peut apparaître même avec un bon sol. La solution consiste généralement en une meilleure aération, un arrosage plus régulier et un substrat plus léger, plutôt qu'en un apport supplémentaire d'engrais.