La libération lente du phosphate naturel mou est étroitement liée à la chimie du sol. Le phosphore est connu pour sa forte affinité avec les éléments du sol, même après l'ajout d'une source de phosphore. Dans les sols acides, le phosphore peut se lier au fer et à l'aluminium. Dans les sols à pH plus élevé, il a tendance à se lier au calcium. Le phosphate naturel mou apporte le phosphore sous une forme à libération progressive, ce qui réduit le risque d'une forte fixation du phosphore en une seule fois. Cependant, il ne peut pas contourner la chimie du sol. Son efficacité est optimale lorsqu'il est intégré à un programme de gestion du sol régulier, incluant le contrôle du pH, de l'humidité et de la matière organique.
La biologie est le moteur discret de l'efficacité du phosphate naturel. Dans les sols vivants, les micro-organismes décomposent les résidus organiques, recyclent les nutriments et contribuent à la formation des acides doux qui libèrent le phosphore des surfaces minérales. Lorsque les sols sont froids, secs ou biologiquement inactifs, le phosphate naturel peut sembler inefficace, même s'il est présent. En revanche, lorsque les sols sont chauds, uniformément humides et riches en matière organique, les plantes profitent davantage de cette libération progressive. C'est pourquoi les agriculteurs constatent souvent de meilleurs résultats lorsque le phosphate naturel est utilisé en complément du compost ou lorsque les sols sont entretenus pour maintenir une vie microbienne.
Le pH du sol influence fortement les résultats obtenus. Le phosphate naturel tendre est généralement plus assimilable dans des sols légèrement acides à quasi neutres, où l'activité biologique est stable et les réactions minérales modérées. Dans les sols très alcalins, le phosphore peut se lier aux composés calciques, ce qui ralentit son assimilation. Dans les sols très acides, le phosphore peut se lier au fer et à l'aluminium, réduisant ainsi l'accès des plantes à cette ressource. Le phosphate naturel tendre peut néanmoins contribuer à la constitution de réserves à long terme, mais les résultats visibles seront plus lents à se manifester. Si les problèmes de phosphore persistent, il s'agit souvent d'un problème de pH, et pas seulement de source de phosphore.
Les racines elles-mêmes participent à ce processus. Des racines saines libèrent des composés qui leur permettent d'extraire les nutriments de leur environnement, et le phosphore est l'un des nutriments essentiels à cette activité. Lorsque la teneur en phosphore est faible, les plantes peinent souvent à développer un système racinaire robuste, nécessaire à la recherche d'eau et de nutriments, créant ainsi un cercle vicieux où des racines faibles entraînent une absorption réduite. Le phosphate naturel, sous forme de roche molle, apporte une solution en fournissant un apport constant de nutriments qui favorise le développement racinaire au fil du temps. Plus les racines explorent le sol, plus elles créent de micro-zones de libération de nutriments autour d'elles.
Le moment de son application est crucial, car le phosphate naturel n'agit pas instantanément. Il est plus efficace lorsqu'il est mélangé au sol avant la plantation, incorporé à une plate-bande fraîchement préparée ou lors de sa préparation, afin que les racines puissent se développer dans un environnement riche en phosphore. En application de surface, il peut également être utile, mais son efficacité dépend de l'arrosage, du contact avec le sol et du temps nécessaire à la migration des particules vers la zone racinaire. On peut par exemple l'ajouter lors de la création d'une nouvelle plate-bande surélevée ou avant la transplantation de plantes gourmandes en nutriments. On peut aussi l'ajouter à l'automne pour que l'humidité hivernale et les premières phases de la vie microbienne printanière puissent commencer à agir avant la saison des plantations.