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Le rôle principal de la tourbe dans un terreau est la gestion de l'eau, et non la nutrition. Elle absorbe l'eau comme une éponge, puis la libère lentement, permettant ainsi aux racines de bénéficier d'une humidité constante entre deux arrosages. Par exemple, en mélangeant de la tourbe avec de la perlite et un peu de compost, la tourbe contribue à maintenir l'hydratation du mélange tandis que la perlite favorise l'aération. Ce mélange est particulièrement utile pour les petits pots, les plateaux de semis et les plantes d'intérieur, où la surface sèche rapidement mais où la zone racinaire a besoin d'une humidité régulière.
La tourbe se distingue des autres ingrédients courants des mélanges organiques par sa faible teneur en nutriments et son acidité naturelle. Cette combinaison est importante. Un compost riche en nutriments peut nourrir les plantes, mais sa composition peut varier considérablement d'un lot à l'autre, tandis que la tourbe offre une structure et une capacité de rétention d'eau généralement constantes et prévisibles. La fibre de coco est également utilisée pour la rétention d'eau, mais la tourbe est plus acide et peut paraître plus compacte lorsqu'elle est humide, ce qui signifie qu'elle retient mieux l'eau, à moins d'être associée à des matériaux aérants.
Une autre différence importante réside dans le comportement de la tourbe lorsqu'elle sèche. Très sèche, elle peut devenir hydrofuge et difficile à réhydrater. Les débutants confondent souvent cela avec un problème de drainage, car l'eau peut ruisseler le long des parois du pot et s'écouler par le fond tandis que le centre reste sec. Prenons l'exemple d'une plante d'intérieur dans un substrat riche en tourbe, oubliée pendant une semaine : la surface semble sèche, vous l'arrosez, l'eau s'écoule rapidement, mais la plante flétrit car la tourbe ne s'est jamais complètement réhydratée.
La tourbe modifie également la texture et les propriétés de votre substrat au fil du temps. Initialement moelleuse et élastique, elle peut se tasser sous l'effet de cycles répétés d'humidification et de séchage, réduisant ainsi l'espace d'air nécessaire aux racines. Dans un petit contenant, ce tassement est plus rapide, ce qui entraîne un substrat trop humide et des racines qui peinent à respirer. C'est pourquoi la tourbe est généralement associée à des matériaux plus granuleux ou poreux comme la perlite, la pierre ponce, l'écorce ou du sable grossier, selon les plantes cultivées.
La tourbe est particulièrement utile pour les semis et les boutures, car leurs jeunes racines sont petites et sensibles au dessèchement. Lors du semis, un mélange à base de tourbe permet de maintenir une humidité constante dans la zone de germination, ce qui favorise la levée et réduit le stress hydrique. Par exemple, les graines de laitue ou de basilic se développent souvent mieux lorsque la surface reste uniformément humide ; la tourbe y contribue. L’important est de ne pas la tasser, car les jeunes plants ont également besoin d’oxygène au niveau des racines.
Dans les contenants, la tourbe permet d'éviter les problèmes d'arrosage « tout ou rien », où l'eau inonde le pot ou s'évapore trop rapidement. Ce phénomène est fréquent avec les terreaux trop grossiers ou trop sableux. Grâce à la tourbe, l'eau se répartit plus uniformément autour des racines. Par exemple, dans une suspension qui sèche vite, la tourbe permet de réduire la fréquence d'arrosage sans pour autant la transformer en marécage.
En pleine terre, l'utilisation de la tourbe est différente. On ne l'incorpore généralement pas en grande quantité comme en pot. On la mélange plutôt à un sol sableux pour améliorer sa rétention d'eau, ou à un sol lourd pour en améliorer la structure. Un exemple simple : un carré potager surélevé qui sèche trop vite en été. L'ajout d'une petite quantité de tourbe, mélangée à du compost, permettra de maintenir une humidité constante. L'important est de bien mélanger le tout pour éviter la formation de couches retenant l'eau.
La tourbe étant acide, elle peut influencer le pH de la zone racinaire. C'est l'un des mécanismes « invisibles » les plus courants par lesquels la tourbe affecte la croissance. Certaines plantes préfèrent un milieu légèrement acide, tandis que d'autres souffrent d'une acidité excessive. Par exemple, de nombreux légumes-feuilles se développent mieux dans un milieu légèrement acide, voire proche de la neutralité. Ainsi, si le substrat est riche en tourbe et déséquilibré, la croissance peut être ralentie, même avec un arrosage adapté. Ceci diffère des ingrédients qui modifient principalement la structure du substrat sans impacter significativement le pH.
Un problème fréquent est le surarrosage dû à la forte capacité de rétention d'eau de la tourbe. Les symptômes se manifestent souvent par un flétrissement, une croissance ralentie et un jaunissement des feuilles, surtout les plus anciennes, car les racines ne reçoivent pas suffisamment d'oxygène. Les jardiniers débutants ont parfois tendance à arroser davantage, car la plante semble souffrir, ce qui ne fait qu'aggraver le problème. Un exemple flagrant est celui d'une plante aromatique en pot dans un terreau riche en tourbe qui reste humide pendant des jours : les feuilles jaunissent et les tiges ramollissent, même si le terreau « paraît humide ».
Un autre problème est la difficulté à réhydrater le substrat une fois sec. Cela se manifeste par un écoulement rapide de l'eau à travers le pot, alors que la plante semble encore avoir soif. La surface peut paraître humide un instant, mais si l'on enfonce le doigt de quelques centimètres, elle peut être sèche. Une solution simple pour les débutants consiste à arroser plus lentement en plusieurs fois, ou à arroser par le bas pour permettre au substrat d'absorber l'humidité progressivement. Cette capacité de réhydratation est l'une des principales différences entre la mousse de tourbe et d'autres matériaux retenant l'eau qui se réhydratent plus facilement.
Le compactage est un autre déséquilibre lié à la tourbe qui se manifeste avec le temps. Le substrat se rétracte par rapport aux bords du pot, sèche de façon irrégulière et les racines s'enroulent autour des racines car le centre devient dense. Vous remarquerez peut-être que la plante a besoin d'être arrosée plus souvent, mais qu'elle pousse toujours plus lentement. Par exemple, une plante vigoureuse et à croissance rapide au printemps peut stagner à la fin de l'été car la tourbe s'est compactée, réduisant l'aération de la zone racinaire. Il ne s'agit pas d'une carence en nutriments au départ, mais d'un problème d'environnement racinaire.
Comme la tourbe est pauvre en nutriments, les plantes peuvent présenter des signes de carence si le reste du substrat ne leur apporte pas suffisamment de nutriments. Les symptômes peuvent inclure des feuilles pâles, des tiges faibles et une croissance ralentie. La principale différence réside dans le fait que ces symptômes apparaissent souvent même avec un arrosage régulier et un bon drainage. Par exemple, un jeune plant dans un terreau à base de tourbe peut paraître en bonne santé au départ, puis commencer à pâlir après quelques semaines, faute de nutriments disponibles. Il s'agit d'un problème de carence, et non d'un problème lié à la tourbe elle-même, mais ce phénomène est dû à la faible teneur en nutriments de ce substrat.
On peut souvent repérer un déséquilibre du pH en observant une incohérence entre les soins apportés à la plante et sa réaction. Si vous arrosez correctement, que le substrat est bien drainé et que vous apportez les nutriments nécessaires, mais que la plante reste pâle ou semble dépérir, le pH est probablement en cause. Autre indice : une plante prospère dans le même substrat à base de tourbe tandis qu’une autre peine à s’y épanouir. Par exemple, une plante qui apprécie l’acidité peut paraître luxuriante, tandis qu’une plante qui préfère un pH plus élevé peut présenter un jaunissement persistant, même avec un arrosage régulier.
La tourbe peut être utilisée pour certaines plantes qui préfèrent un sol plus acide au niveau des racines. Dans ce cas, elle représente un atout plutôt qu'un risque. L'important est de maintenir une bonne aération des racines. Par exemple, si vous cultivez une plante qui apprécie une humidité constante, la tourbe peut y contribuer, mais l'associer à un matériau aérant est indispensable pour préserver la santé des racines. La réussite repose sur une structure adéquate et une bonne maîtrise de l'humidité, et non sur la tourbe seule.
Un autre écueil de la tourbe est son utilisation de manière à retenir l'eau au fond du pot. Cela se produit souvent lorsque la tourbe est mélangée à trop de particules fines, créant une couche dense où l'eau stagne. La plante peut sembler en bonne santé au début, puis dépérir car ses racines restent trop longtemps dans un environnement humide. Un exemple courant, pour les débutants, est celui d'un pot décoratif sans drainage suffisant, où la tourbe reste saturée. Dans ce cas, le problème ne vient pas de la tourbe elle-même, mais de son utilisation dans un environnement où l'excès d'eau ne peut s'évaporer.
La tourbe se comporte différemment selon sa préparation avant mélange. Ajoutée sèche, sans humidification préalable, elle peut former des poches sèches qui ne s'hydratent jamais correctement. Il en résulte un arrosage irrégulier : certaines racines sont gorgées d'eau tandis que d'autres restent sèches. Un exemple simple : un terreau qui paraît humide en surface mais qui contient des amas secs ; la plante réagit par une croissance irrégulière. Humidifier la tourbe jusqu'à ce qu'elle soit uniformément humide avant de l'incorporer permet d'éviter ce problème.
Pour résoudre facilement les problèmes, observez combien de temps le substrat reste humide après l'arrosage. S'il est encore humide et lourd après plusieurs jours, il manque probablement d'air. S'il sèche trop vite et devient difficile à réhydrater, il faudra peut-être ajouter un matériau retenant l'eau ou adapter la fréquence d'arrosage. Avec la tourbe, l'objectif est de maintenir une humidité constante sans suffocation. Cela diffère des substrats conçus pour sécher rapidement, où l'on résout les problèmes en arrosant plus souvent plutôt qu'en modifiant la structure.
En cas de suspicion de problème racinaire lié à la tourbe, l'examen de la zone racinaire est la méthode la plus fiable. Des racines saines sont fermes et claires. Si elles sont foncées, molles ou dégagent une odeur aigre, la zone racinaire est restée trop humide et pauvre en oxygène. Si les racines paraissent sèches et cassantes et que le substrat présente des zones dures et sèches, la zone racinaire a subi des cycles de sécheresse excessifs et est devenue hydrofuge. Ces indices vous permettront de traiter la cause réelle du problème au lieu de procéder par suppositions.
Si votre substrat est trop riche en tourbe et compacté, le rafraîchir peut stimuler la croissance des racines. Cela implique généralement d'ameublir le substrat, d'ajouter des matériaux plus poreux et d'éviter de trop le tasser. Par exemple, si le substrat d'une plante s'est rétracté et est devenu dense, le remplacer délicatement par un mélange plus aéré peut favoriser une croissance vigoureuse en quelques semaines. La plante réagit souvent en produisant de nouvelles feuilles plus éclatantes une fois que ses racines peuvent à nouveau respirer.
La tourbe est utile pour maintenir une humidité constante lors du semis et des premières phases de croissance. Cependant, à mesure que les plantes grandissent, leurs racines ont besoin de plus d'oxygène et d'une structure plus stable. Prenons l'exemple d'un jeune plant qui prospère dans un terreau fin à base de tourbe, mais qui dépérit s'il y reste trop longtemps. Lorsque les racines remplissent le contenant, le terreau retient davantage l'eau et l'air se raréfie, ce qui ralentit la croissance. Utiliser un mélange plus aéré à mesure que la plante grandit permet d'éviter ce ralentissement.
En définitive, la tourbe est optimale lorsqu'on l'utilise comme un engrais pour la zone racinaire : elle régule l'humidité, assure une hydratation homogène et favorise un environnement racinaire meuble, à condition de bien aérer le substrat et d'arroser judicieusement. Ses principaux atouts résident dans sa forte capacité de rétention d'eau, sa résistance au réhumidification en cas de sécheresse extrême et son acidité naturelle. En apprenant à interpréter les variations d'humidité, le drainage et les symptômes de la plante, la tourbe devient un support fiable plutôt qu'une source de problèmes mystérieux.