Le meilleur moment pour utiliser du calcaire est lorsque le sol est trop acide pour les plantes cultivées, ou lorsqu'il a besoin de plus de calcium et que son pH est déjà bas. Un sol acide se traduit souvent par des plantes qui ne réagissent pas, même après fertilisation, car l'équilibre chimique du sol leur est défavorable. Un exemple classique est celui des légumes-feuilles qui restent petits et pâles dans un parterre fortement arrosé par la pluie depuis des années ; les nutriments sont peut-être présents, mais l'acidité peut empêcher leur bonne absorption par la plante. Le calcaire peut aider à rétablir cet équilibre, permettant ainsi aux mêmes apports d'engrais de favoriser la croissance.
On repère souvent le stress acide par l'observation de différents symptômes plutôt que par un seul symptôme précis. Les plantes peuvent présenter une croissance racinaire ralentie, des tiges fines et un aspect général terne, ainsi que des carences nutritionnelles qui semblent évoluer au fil du temps. Vous pourriez tenter de lutter contre le jaunissement en augmentant l'apport d'engrais, sans toutefois constater d'amélioration durable. En milieu acide, le phosphore peut devenir moins disponible, ce qui peut entraîner des feuilles sombres et d'apparence stressée, ainsi qu'un développement ralenti. Certaines plantes se montreront particulièrement sensibles et deviendront difficiles à nourrir, quoi que vous fassiez, jusqu'à ce que la chimie du sol au niveau des racines soit rétablie.
Les problèmes liés au calcium peuvent se confondre avec ceux liés au pH, et le calcaire se situe précisément à cette intersection. En cas de carence importante en calcium, les problèmes apparaissent souvent d'abord sur les jeunes pousses, car le calcium migre difficilement des tissus anciens vers les nouveaux. Les nouvelles feuilles peuvent se tordre, leurs extrémités brunir et les points de croissance paraître fragiles. Chez les plantes fruitières, la croissance rapide peut dépasser l'apport en calcium, entraînant l'apparition de zones molles ou la dégradation des tissus en formation rapide. Le calcaire peut apporter un soutien en fournissant un apport constant de calcium, mais son efficacité dépend de la pertinence de la modification du pH, car le calcium n'est pas le seul facteur en jeu.
Le surdosage de calcaire est souvent source de problèmes pour les cultivateurs, et les signes d'un excès peuvent être confondus avec des carences, même en présence de nutriments. Si le pH devient trop élevé, le fer et le manganèse sont moins bien assimilés par les plantes, et les feuilles peuvent pâlir ou jaunir entre les nervures, surtout sur les jeunes pousses. On peut également observer un ralentissement de la croissance, des symptômes persistants de carence en micronutriments et une plante qui semble « bloquée » malgré une fertilisation adéquate. Un exemple courant est celui d'une plante en pot qui devient chlorotique après des ajouts répétés de calcaire : la zone racinaire est alors devenue trop alcaline pour ses besoins.
Pour éviter les problèmes, il est conseillé de considérer la chaux comme un outil d'équilibrage chimique du sol, et non comme un amendement de routine. Si votre substrat est déjà neutre ou légèrement alcalin, la chaux risque d'être inutile et même de créer un déséquilibre. La chaux est particulière car elle modifie la disponibilité des nutriments au lieu de simplement en ajouter. Ainsi, elle peut résoudre efficacement un problème d'acidité, mais en créer un nouveau si elle est utilisée dans un sol où l'acidité n'est pas le facteur limitant.