Le nitrate de potassium fournissant deux nutriments simultanément, un diagnostic précis du problème permet d'éviter les surdosages. Si le problème réel est une carence en potassium alors que le taux d'azote est déjà élevé, le nitrate de potassium risque de corriger la carence en potassium, mais d'aggraver la carence en azote. Dans ce cas, une source de potassium sans azote est généralement plus appropriée. Si le problème réel est une carence en azote alors que le taux de potassium est déjà élevé, le nitrate de potassium peut certes reverdir la plante, mais risque d'entraîner un excès de potassium, ce qui peut perturber l'absorption d'autres cations. Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque la plante a réellement besoin à la fois de potassium et de nitrate.
L'un des problèmes souvent négligés est la compétition cationique : un excès de potassium rend plus difficile l'absorption du calcium et du magnésium par les plantes. Cela ne signifie pas que le potassium est « mauvais », mais que son équilibre est crucial. Lorsque la concentration de potassium est trop élevée, le calcium peine à atteindre les tissus à croissance rapide, et la concentration de magnésium peut chuter, affectant la chlorophylle et la couleur des feuilles. La plante peut alors présenter des signes de stress foliaire, des taches ou une faible croissance, symptômes pouvant être confondus avec un problème de calcium, même si ce dernier est présent dans le substrat. Si un cultivateur ajoute du nitrate de potassium pour « corriger » le jaunissement sans vérifier la concentration de magnésium ni l'équilibre général, le problème risque de s'aggraver.
Concrètement, on peut souvent repérer une carence en potassium lorsque les feuilles plus âgées présentent un pâlissement entre les nervures, semblable à une carence en magnésium, alors que la plante est fortement fertilisée, ou lorsque les nouvelles pousses paraissent déformées ou faibles malgré une fertilisation apparemment importante. Un autre indice est l'augmentation progressive de la concentration en eau de ruissellement ou dans la solution nutritive, accompagnée de brûlures des pointes et de symptômes de déséquilibre nutritionnel. Le nitrate de potassium étant très soluble et contribuant à la salinité globale, il est important de surveiller la concentration totale de la solution nutritive et de ne pas se fier uniquement à l'idée que « plus de nutriments signifie mieux ».
Le nitrate de potassium est couramment utilisé en fertilisation aqueuse car il se dissout complètement et ne laisse aucun résidu organique. C'est pourquoi il est prisé dans les systèmes où la propreté est primordiale, comme l'irrigation en circuit fermé ou au goutte-à-goutte. Dans ces systèmes, les variations, même minimes, sont rapidement perceptibles ; un avantage pour corriger une carence, mais un risque en cas de surdosage. Une plante peut réagir rapidement en termes de couleur et de vigueur, mais elle peut aussi présenter un dessèchement rapide des extrémités des feuilles si la concentration de nitrate de potassium dans la zone racinaire devient trop élevée, notamment par temps chaud et sec, conditions qui augmentent la transpiration et la concentration en sel à la surface des racines.
Il est utile de considérer le nitrate de potassium comme un levier d'action rapide plutôt que comme un élément nutritif agissant lentement en arrière-plan. Si une plante est sous-alimentée, le nitrate de potassium peut relancer sa croissance. En revanche, si elle est déjà proche de ses limites, il peut aggraver son état et la plonger dans le stress. C'est pourquoi le diagnostic des problèmes doit prendre en compte tous les aspects : la couleur des feuilles, leurs bords, la vitesse de croissance, l'espacement entre les nœuds et le comportement de la plante au cours de la journée. Une plante pâle et à croissance lente, aux feuilles molles, a souvent besoin de plus d'azote, tandis qu'une plante vert foncé, aux feuilles étirées et aux extrémités brûlées, a généralement besoin d'être moins vigoureuse, et non pas davantage.