Il est important de distinguer la faiblesse liée au silicium des autres causes. Des tiges faibles peuvent également être dues à un manque de lumière, une chaleur excessive, une mauvaise aération ou un excès d'azote favorisant une croissance molle. Elles peuvent aussi provenir de problèmes de calcium, car ce dernier contribue également à la formation des parois cellulaires. La différence réside dans le fait que le silicium agit comme une couche de renforcement, tandis que le calcium est un élément constitutif essentiel. En cas de carence en calcium, on observe souvent des déformations des nouvelles pousses, des brûlures aux extrémités des tiges et un mauvais développement des racines. La faiblesse liée au silicium se traduit le plus souvent par une fragilité générale et une faible tolérance au stress chez la plante entière.
Si vous soupçonnez une carence en silicium chez votre plante, tenez compte du contexte. Cultivez-vous dans un système à faible teneur en minéraux, comme de la fibre de coco pure, de la laine de roche ou en hydroponie ? Utilisez-vous une eau très pure et une solution nutritive rigoureusement dosée ? Si c’est le cas, il se peut que le système absorbe naturellement très peu de silicium. Dans de nombreux sols, le silicium peut être libéré lentement par les minéraux, mais dans les systèmes hors-sol, il peut être quasiment absent s’il n’est pas apporté.
Abordons maintenant les déséquilibres et les erreurs, car les apports de silicium peuvent interagir avec le pH et d'autres nutriments. C'est un point crucial pour les cultivateurs débutants. De nombreuses sources de silicium peuvent augmenter le pH ou réagir avec le calcium et le magnésium, provoquant un trouble ou la formation de précipités en cas de mauvais mélange. L'acide monosilicique est souvent décrit comme plus stable et plus directement utilisable, mais le principe général reste le même : la manière dont vous introduisez le silicium dans un programme de fertilisation peut influencer sa chimie.
L'ajout de silicium, en provoquant une hausse brutale du pH, peut entraîner des symptômes de blocage des nutriments, semblables à des carences, mais qui sont en réalité des problèmes de pH. Par exemple, si le pH devient trop élevé, le fer et le manganèse deviennent moins disponibles, et les feuilles peuvent présenter une jaunisse des nouvelles pousses ou une chlorose interveinale. Un cultivateur pourrait alors croire, à tort, avoir besoin de plus de micronutriments, alors que le véritable problème est la variation de pH due à une erreur de mélange.
Un autre risque de déséquilibre est de se concentrer excessivement sur le « durcissement » et d'apporter trop de silicium en négligeant les fondamentaux. Si un cultivateur manque de calcium, en abuse ou pratique un arrosage irrégulier, le silicium ne corrigera pas le déséquilibre de base. En réalité, une plante déjà stressée par un pH inadéquat ou un arrosage insuffisant risque de mal absorber le silicium, car cette absorption dépend de la circulation de l'eau et du bon fonctionnement des racines.