Les maladies les plus fréquemment associées à l'utilisation de l'étridiazole se manifestent de quelques façons classiques. La première est la fonte des semis, terme générique employé par les producteurs lorsque les jeunes plants échouent dès leur germination. Parfois, les graines pourrissent avant même d'avoir germé. D'autres fois, les plantules sortent de terre et semblent bien se porter pendant un jour ou deux, puis la tige se pince, se ramollit et la plante s'affaisse comme si elle avait été coupée au ras du sol. Cet aspect de « tige pincée » est caractéristique de la fonte des semis. Elle apparaît souvent lorsque le substrat de propagation reste trop humide, que la circulation d'air est insuffisante et que l'hygiène est déficiente.
Le deuxième problème fréquent est la pourriture des racines et de la base de la tige chez les plantes déjà établies. Ce phénomène s'installe souvent insidieusement. La plante peut ralentir sa croissance, perdre de sa vigueur ou ne plus réagir à l'apport d'engrais. Les feuilles peuvent pâlir, en commençant par les plus anciennes, ou la plante entière peut paraître terne et molle. L'arrosage ne fait qu'empirer les choses. C'est un signe alarmant. Des racines saines absorbent l'eau et maintiennent la turgescence (cet aspect ferme et « plein »). Lorsque les racines pourrissent, la plante ne peut plus réguler correctement la circulation de l'eau et peut donc flétrir, même dans un substrat humide.
Pour faire la distinction entre une carence en nutriments et une maladie racinaire, il faut observer les racines. En cas de carence, les racines sont généralement intactes et fonctionnelles : blanches à crème, fermes et ramifiées. En cas de pourriture racinaire, elles deviennent souvent beiges à brunes, ramollies, et leur couche externe se détache facilement, ne laissant apparaître qu'un fin filament interne. Une odeur âcre ou humide peut alors se dégager. Ces symptômes indiquent une atteinte des tissus racinaires, qu'aucun apport supplémentaire d'engrais ne peut réparer.
C'est souvent à ce stade que de nombreux cultivateurs aggravent involontairement la situation. Lorsqu'une plante paraît pâle et stagne, le réflexe est de lui donner plus d'engrais. Mais si les racines sont fragilisées, un apport d'engrais plus important peut augmenter la concentration de sels minéraux dans le substrat, ce qui stresse davantage les racines et rend la reprise plus difficile. L'arrosage excessif est une autre réaction fréquente : « Elle est flétrie, elle a donc soif. » Or, en cas de pourriture des racines, un excès d'eau favorise souvent le développement du pathogène. La plante ne flétrit pas par manque d'eau dans le pot, mais parce que son système racinaire est endommagé.
L'étridiazole est couramment utilisé en application directe sur le sol : il s'agit d'appliquer une protection là où le problème prend naissance. Cette application au niveau des racines est cruciale, car la plupart des agents pathogènes les plus virulents vivent et se développent dans le film d'humidité qui entoure les racines, et non principalement à la surface des feuilles. Pour un débutant, c'est le principal changement de perspective : il s'agit de traiter l'environnement autour des racines, et non de « pulvériser la plante » pour la soigner.