Une méthode de diagnostic simple, même pour les débutants, vous évitera de tâtonner. Commencez par examiner les nouvelles pousses, puis les plus anciennes, et enfin la forme générale et le rythme de croissance de la plante. En cas de carence en phosphore, on observe souvent un ralentissement de la croissance et une réduction de la taille plutôt qu'un changement de couleur important. Vérifiez ensuite l'état de la zone racinaire : le substrat est-il trop humide, compacté, froid, dégage-t-il une odeur désagréable, la plante flétrit-elle après l'arrosage ? Si l'environnement limite l'absorption du phosphore, celui-ci peut être présent mais ne pas pénétrer dans la plante. Dans ce cas, améliorer le drainage, l'aération et adapter le rythme d'arrosage peut rétablir l'absorption sans augmenter la dose de phosphate diammonique.
Si vous pouvez mesurer la zone racinaire, concentrez-vous sur l'évolution du pH et de la conductivité plutôt que sur des valeurs ponctuelles. Une augmentation constante de la conductivité après plusieurs apports d'eau indique une accumulation de sels, à laquelle le phosphate diammonique peut contribuer en cas d'insuffisance de drainage ou de lessivage. Une baisse constante du pH suggère que l'acidification induite par l'ammonium pourrait prendre le dessus sur le pouvoir tampon. Une variation brutale du pH après un apport d'eau indique que la solution était trop concentrée ou que le substrat présente un faible pouvoir tampon. Ces tendances permettent de déterminer si le phosphate diammonique favorise la stabilité ou, au contraire, l'instabilité.
Pour corriger une carence en phosphore suspectée, il est préférable de procéder par petites doses plutôt que par variations importantes. Les plantes n'ont pas besoin de grandes quantités de phosphore pour fonctionner, mais elles en ont besoin pour qu'il soit disponible. L'objectif est la disponibilité, et non la surcharge. Un excès de phosphate diammonique peut entraîner un reverdissement rapide dû à l'azote, ce qui peut donner l'illusion que le problème de phosphore est résolu, alors que l'excès de phosphore provoque insidieusement un déséquilibre en micronutriments par la suite. Une approche plus fiable consiste à observer une amélioration du taux de croissance, un développement racinaire plus vigoureux et une meilleure expansion du feuillage au cours des une à deux semaines suivantes, et non pas seulement un changement de couleur soudain.
En cas de suspicion d'excès de phosphore, il est généralement conseillé de réduire les apports et de laisser la zone racinaire se régénérer. Il peut également être nécessaire de corriger le pH afin de favoriser l'absorption des micronutriments. C'est là que les cultivateurs se sentent parfois désemparés : la plante semble carencée et ils sont tentés d'en ajouter. Or, en cas d'excès de phosphore, un apport supplémentaire aggrave souvent les symptômes. La plante a besoin de temps et d'un meilleur équilibre, et non de phosphore en excès.
Une autre source fréquente de confusion est la distinction entre carence en phosphore et carence en azote. La carence en azote se manifeste souvent par un jaunissement uniforme qui débute sur les feuilles les plus âgées et s'étend à mesure que la plante remobilise l'azote pour les nouvelles pousses. La carence en phosphore, quant à elle, se traduit plus souvent par une croissance ralentie, des feuilles plus foncées et parfois une coloration pourpre, avec un jaunissement moins marqué au début. Le phosphate diammonique contenant de l'azote, il peut masquer temporairement les symptômes d'une carence en azote pendant que l'on tente de corriger une carence en phosphore. C'est pourquoi il est important d'observer les caractéristiques de croissance et l'état de la zone racinaire, et pas seulement la couleur des feuilles.
Le phosphate diammonique n'est pas un « réparateur de racines » si celles-ci sont déjà endommagées par un manque d'oxygène ou une forte concentration de sels. Les racines endommagées peinent à absorber les nutriments, et un apport plus concentré risque d'aggraver les dégâts. Si vous constatez simultanément un brunissement des racines, une odeur aigre, un flétrissement persistant et des brûlures à l'extrémité des feuilles, votre priorité est la régénération de la zone racinaire, et non la stimulation de la croissance. Une fois les racines blanches, fermes et en pleine croissance, le phosphate diammonique peut être réintroduit avec précaution si les besoins en phosphore restent élevés.