Bien que la farine de crustacés soit généralement douce comparée aux engrais solubles puissants, des problèmes peuvent survenir. La plupart sont dus à un surdosage, à un sol pauvre ou à un mauvais choix du moment d'application. La libération étant retardée, les symptômes apparaissent souvent après l'erreur qui les a provoqués. Ce décalage temporel rend le diagnostic difficile pour les débutants.
Un excès de farine de crustacés se traduit généralement par une croissance excessive et molle, impressionnante au premier abord, mais qui peut s'avérer fragile. Les feuilles peuvent devenir très foncées et grandes, et les tiges moins robustes. Chez certaines plantes, cela peut accroître leur sensibilité au stress, car elles consacrent plus d'énergie à une croissance délicate qu'à une structure équilibrée. On peut également observer un retard de floraison ou de fructification, la plante restant en « phase de développement foliaire ».
L'observation de la zone racinaire est cruciale. Si le substrat reste trop humide et riche, des symptômes semblables à des carences peuvent apparaître, même en présence de nutriments. Les feuilles peuvent jaunir de bas en haut, non pas par manque d'azote, mais parce que les racines fonctionnent mal. Si les racines sont stressées par un faible taux d'oxygène, elles ne peuvent absorber efficacement les nutriments. Dans ce cas, un apport supplémentaire ne fait généralement qu'aggraver la situation.
Un autre problème réside dans le déséquilibre du métabolisme du calcium. On considère souvent les amendements à base de coquilles comme des solutions pour corriger les carences en calcium, mais la farine de crustacés ne doit pas être utilisée comme un outil ciblé. Elle peut certes apporter du calcium, mais son rôle principal n'est pas de fournir rapidement ce minéral pour résoudre un problème aigu. Si une plante présente des signes classiques de stress calcique au niveau des nouvelles pousses, la farine de crustacés n'est pas la solution miracle. Il est préférable de corriger les conditions de la zone racinaire et d'assurer une humidité constante ainsi qu'un bon équilibre de fertilité, tout en laissant les amendements à action lente agir progressivement.
Les symptômes de carence liés à une utilisation insuffisante ou à une libération lente se manifestent généralement par un jaunissement progressif des feuilles, surtout les plus anciennes, et une baisse générale de la vigueur. Le facteur clé réside dans le moment de l'application. Si vous épandez de la farine de crustacés aujourd'hui et que vous vous attendez à un reverdissement dans quelques jours, vous pourriez penser qu'elle n'a eu aucun effet. Or, si votre sol est froid ou que l'activité microbienne y est faible, la libération de la farine peut être retardée. Dans ce cas, la solution n'est pas forcément d'ajouter davantage de farine de crustacés, mais plutôt d'améliorer les conditions favorisant sa décomposition, comme une humidité plus constante et une meilleure aération.
Un autre point à surveiller est l'odeur. Une forte odeur de poisson ou de pourriture n'est pas normale pour un sol sain. Elle indique généralement que le sol décompose des matières organiques en milieu pauvre en oxygène. Si vous constatez cette odeur après avoir ajouté de la farine de crustacés, c'est un signal d'alarme concernant le drainage ou l'arrosage. Améliorer la circulation de l'air, réduire la saturation et décompacter le sol sont les premières mesures à prendre. Ceci est particulièrement important en pot, où l'excès d'eau peut survenir rapidement.
Si les ravageurs posent problème, la farine de crustacés n'en est généralement pas la cause directe, mais tout amendement organique riche peut attirer les charognards s'il est laissé en surface dans certains environnements. L'incorporation au sol réduit ce risque. L'objectif est de nourrir le sol, et non de laisser une couche concentrée de nourriture à découvert.