Pour détecter une carence en cuivre, observez d'abord les jeunes pousses et la structure générale de la plante. Une légère carence en cuivre se manifeste souvent par un ralentissement de la croissance et un aspect fragile, même si la plante est encore verte. Les nouvelles feuilles peuvent paraître plus petites, étroites ou de forme irrégulière, et leur bourgeon terminal peut sembler stagner. Chez certaines plantes, les jeunes feuilles peuvent présenter une légère chlorose ou un aspect délavé, mais contrairement à une carence classique en azote, cette pâleur est souvent localisée aux jeunes tissus et s'accompagne de déformations ou d'un faible développement foliaire. Les tiges et les pétioles peuvent être moins fermes, et la plante peut être plus sensible au flétrissement car ses systèmes vasculaire et structuraux ne se développent pas de manière optimale.
À mesure que la carence progresse, les points de croissance peuvent être affectés de manière plus marquée. Les nouvelles feuilles peuvent s'enrouler, se froisser ou prendre un aspect en rosette, les entre-nœuds raccourcissant et la plante paraissant compacte et maladive. Le bord des feuilles peut devenir irrégulier et la plante peut avoir du mal à développer de nouvelles racines robustes. Chez les plantes fruitières, on peut observer une floraison moins vigoureuse, une mauvaise nouaison ou des fruits de moindre qualité, car la plante ne peut pas supporter les besoins énergétiques importants liés à la reproduction. Chez les plantes à feuilles, la croissance devient tout simplement décevante, avec un aspect lent et fragile qui ne correspond pas aux conditions de lumière, de température et d'arrosage.
Un excès de cuivre se manifeste différemment et il est crucial de le reconnaître, car un ajout supplémentaire de cuivre alors que sa concentration est déjà élevée peut rapidement aggraver la situation. La toxicité du cuivre débute souvent au niveau des racines. Celles-ci peuvent devenir courtes, brunes ou peu ramifiées, et la plante peut absorber moins d'eau, car les racines endommagées ne peuvent pas bien s'hydrater. La partie aérienne peut présenter des symptômes de stress hydrique, tels que des brûlures à l'extrémité des feuilles, des brûlures marginales ou un ralentissement soudain de la croissance, évoquant une sécheresse même lorsque le substrat est humide. Dans certains cas, un excès de cuivre peut déclencher un antagonisme des micronutriments, où les feuilles présentent une chlorose interveinale semblable à une carence en fer, non pas parce que le fer est absent du substrat, mais parce que le cuivre perturbe son absorption et l'équilibre interne de la plante.
Pour distinguer une carence en cuivre d'autres problèmes similaires, il faut surtout observer l'apparition des symptômes et les autres manifestations. Si les feuilles plus âgées jaunissent uniformément et tombent tandis que les nouvelles feuilles restent relativement normales, il s'agit plutôt d'une carence en azote que d'une carence en cuivre. Si les nouvelles feuilles sont pâles entre les nervures mais se développent normalement et que la plante est par ailleurs vigoureuse, il s'agit probablement d'un problème de disponibilité du fer plutôt que du cuivre. Si les nouvelles pousses sont déformées et que la structure générale de la plante semble faible, le cuivre devient une cause plus probable, surtout si le substrat a un pH élevé ou est fortement enrichi en substances pouvant fixer le cuivre. Le nitrate de cuivre est particulier dans ce cas, car il peut corriger rapidement la carence en cuivre, mais il peut aussi entraîner un excès rapide si le problème initial n'était pas lié au cuivre.
Des exemples permettent de mieux comprendre. Imaginez une jeune plante dans un substrat frais et fortement chaulé, au pH élevé. Sa croissance semble ralentie, et ses nouvelles feuilles sont petites et légèrement tordues. Un apport supplémentaire d'engrais universel peut intensifier leur couleur verte, mais l'extrémité des feuilles reste anormale. Dans ce cas, la plante a peut-être du mal à absorber le cuivre, même s'il est présent. Un apport judicieux de nitrate de cuivre peut alors s'avérer utile, à condition de corriger également le problème de pH afin que le cuivre reste assimilable. Prenons un autre exemple : une plante dans un petit pot où le substrat sèche rapidement entre deux arrosages. Si l'on ajoute du nitrate de cuivre dans ce cas, les sels peuvent se concentrer près des racines et provoquer des brûlures, ce qui aggrave l'état de la plante, même si elle ne présentait pas de véritable carence en cuivre.