Le zinc chélaté (Zn) est un outil précieux pour les cultivateurs, car les carences en zinc se manifestent souvent par un « stress inexpliqué ». Une plante peut paraître en bonne santé, mais ses nouvelles pousses sont petites, faibles ou anormalement pâles, et elle peine à se développer pleinement. Le zinc est nécessaire en très faible quantité, mais il contrôle les processus qui déterminent la vitesse de formation des nouveaux tissus et l'efficacité avec laquelle les feuilles utilisent les nutriments apportés par les racines. Lorsque le zinc est disponible et en quantité suffisante, les nouvelles pousses se développent harmonieusement et conservent une forme correcte. En cas de carence en zinc, la plante peut stagner, même avec un apport suffisant d'autres nutriments.
Le zinc est un oligo-élément, ce qui signifie que les plantes en ont besoin en bien moindre quantité que d'azote, de calcium ou de potassium. Mais « faible dose » ne signifie pas « faible importance ». Le zinc intervient dans les systèmes enzymatiques qui stimulent la croissance et le métabolisme, et il contribue à réguler la production d'hormones liées au développement des pousses et à l'expansion des feuilles. Pour simplifier, on peut se dire que le zinc permet à la plante d'actionner des mécanismes essentiels à la croissance de nouvelles pousses. Sans un dysfonctionnement de ces mécanismes, la plante peut certes effectuer la photosynthèse, mais elle aura du mal à développer de nouvelles feuilles et pousses au rythme nécessaire.
Le zinc joue également un rôle dans la façon dont les plantes métabolisent les protéines et effectuent des transferts d'énergie au sein des cellules. Inutile de maîtriser la biochimie pour en profiter. L'important est le résultat concret : le zinc favorise la formation régulière de nouveaux tissus et contribue au développement normal des feuilles, tant en termes de taille et d'espacement que de couleur. En cas de carence en zinc, la plante produit souvent des feuilles plus petites que la normale et peut présenter des taches de chlorose (jaunissement) inhabituelles, notamment à proximité des jeunes pousses où les besoins sont les plus importants.
Le terme « chélaté » distingue le zinc chélaté de nombreuses sources de zinc classiques. La chélation consiste à maintenir l'ion zinc à l'intérieur d'une molécule organique « porteuse ». Cette molécule porteuse empêche le zinc de réagir trop rapidement avec d'autres composés présents dans l'eau ou dans la zone racinaire. En conditions réelles de culture, le zinc peut être complexé par le pH, les carbonates, les phosphates et d'autres interactions. Lorsqu'il est complexé, le zinc est toujours présent, mais son absorption est réduite. Le zinc chélaté permet de maintenir le zinc sous une forme plus assimilable et plus longtemps, améliorant ainsi sa disponibilité et réduisant le risque qu'il devienne indisponible avant que la plante puisse l'utiliser.
Une analogie utile est celle d'un camion de livraison. Le zinc non chélaté est comme une cargaison qui se détache et tombe du camion dès que la route devient accidentée. Le zinc chélaté, quant à lui, est comme cette même cargaison arrimée, ce qui lui permet d'atteindre sa destination de manière plus fiable. Ceci est particulièrement important dans des situations courantes telles qu'un pH légèrement élevé, une eau dure ou des zones racinaires riches en minéraux qui ont tendance à capter les micronutriments.