Le magnésium chélaté est particulièrement utile en hydroponie et en culture hors-sol, où les interactions entre les nutriments sont rapides et où une précipitation peut se produire lorsque des ions incompatibles se rencontrent. Par exemple, si un cultivateur prépare mal une solution nutritive concentrée, le magnésium peut réagir avec d'autres composants et devenir moins disponible avant même d'atteindre la plante. Le magnésium chélaté contribue à réduire ce risque car, déjà complexé, il tend à rester stable en solution. Dans la fibre de coco, où le potassium peut être abondant et où les échanges cationiques peuvent influencer la disponibilité du magnésium pour les racines, ce dernier peut plus facilement devenir limitant ; une forme stable et assimilable représente donc un atout précieux.
Le rôle du magnésium dans la plante ne se limite pas à « faire verdir les feuilles ». Au cœur de la molécule de chlorophylle, il influence directement la photosynthèse. Il favorise également l'activation des enzymes et le transfert d'énergie, notamment le transport et le stockage des sucres. C'est pourquoi une carence en magnésium peut se manifester par des symptômes plus complexes que le simple jaunissement des feuilles. Les plantes peuvent croître plus lentement, leurs tiges peuvent paraître plus fragiles, la floraison moins abondante et les fruits peuvent être de taille ou de qualité réduites. Prenons l'exemple du poivron : une carence en magnésium peut diminuer sa capacité à assurer le développement des fruits et, en cas de stress, la plante peut perdre ses fleurs plus facilement, faute de pouvoir maintenir une production d'énergie stable.
Le magnésium étant mobile, les premiers symptômes d'une carence peuvent être discrets. Les premiers signes sont souvent un éclaircissement des tissus entre les nervures des feuilles les plus âgées, tandis que ces dernières restent vertes. Avec le temps, cette chlorose interveinale peut s'accentuer, prenant un aspect marbré jaune et vert. Si la carence persiste, de petites taches couleur rouille ou des zones nécrotiques peuvent apparaître sur les feuilles affectées, surtout aux endroits les plus fragilisés. Dans les cas les plus graves, les bords des feuilles les plus âgées peuvent s'enrouler vers le haut, devenir cassants et tomber prématurément. Un exemple typique est celui d'une plante d'intérieur exposée à une forte luminosité : ses besoins en magnésium augmentent avec l'intensité de la photosynthèse, et les feuilles inférieures peuvent présenter cet aspect marbré tandis que les feuilles supérieures paraissent parfaitement saines.
L'une des raisons pour lesquelles les cultivateurs diagnostiquent mal les problèmes de magnésium est que cette carence peut être déclenchée par un blocage d'absorption, et pas seulement par une faible concentration de magnésium dans la solution nutritive. Le blocage signifie que le magnésium est présent, mais que les conditions empêchent la plante de l'absorber efficacement. Le pH est un facteur majeur. Si le pH de la zone racinaire s'écarte de la plage optimale pour la plante, l'absorption du magnésium peut ralentir considérablement. Un autre facteur important est la compétition entre les nutriments. Un excès de potassium peut inhiber l'absorption du magnésium, et un excès de calcium peut également interférer, surtout lorsque les proportions sont déséquilibrées. Par exemple, un cultivateur pourrait augmenter fortement la concentration de potassium pour favoriser la floraison, puis observer une semaine plus tard le jaunissement des feuilles plus âgées entre les nervures. Le magnésium n'est peut-être pas absent de la solution nutritive, mais l'équilibre est rompu, ce qui rend son absorption plus difficile pour la plante.
La qualité de l'eau joue un rôle important dans le comportement du magnésium. L'eau dure contient souvent des bicarbonates et des carbonates qui augmentent le pH et peuvent modifier la façon dont les nutriments se comportent en solution. Certaines sources d'eau contiennent également beaucoup de calcium par rapport au magnésium, ce qui peut accroître la compétition au niveau des racines. Dans ce cas, le magnésium chélaté peut être utile car il reste plus disponible pendant que le cultivateur travaille à stabiliser l'ensemble du système. Un exemple courant est celui d'un cultivateur amateur utilisant l'eau du robinet, dont la composition varie selon les saisons : un mois, les plantes sont magnifiques, et le mois suivant, la même méthode provoque soudainement un jaunissement semblable à celui observé en cas de carence en magnésium. Ce changement n'est peut-être pas dû à la plante elle-même, mais plutôt à la composition chimique de l'eau.