Ce sujet diffère également des autres questions liées à l'azote, car il ne s'agit pas seulement de la quantité d'azote apportée, mais aussi de son comportement lors de son absorption. Deux engrais peuvent avoir la même teneur totale en azote et réagir de manière totalement différente selon la proportion d'azote ammoniacal et de nitrate. C'est pourquoi un cultivateur peut dire : « J'ai apporté la même quantité d'azote et la plante a brûlé », tandis qu'un autre affirme : « J'ai apporté la même quantité d'azote et elle est restée en pleine santé. » La méthode est déterminante.
À l'intérieur de la plante, le nitrate est généralement absorbé puis réduit en formes utilisables pour la synthèse des nutriments. Cette réduction consomme de l'énergie, ce qui ne pose pas de problème lorsque la plante est en bonne santé et que la photosynthèse est intense. L'ammonium, en revanche, peut être incorporé plus directement, ce qui peut sembler plus efficace. Cependant, comme l'absorption d'ammonium est étroitement liée aux conditions de la zone racinaire, elle peut s'avérer contre-productive en cas de manque d'oxygène ou d'accumulation de sels. Concrètement, une plante cultivée dans un petit pot où le substrat sèche de façon irrégulière peut présenter des signes de stress lié à l'ammonium plus rapidement qu'une plante cultivée dans un grand récipient aéré où l'oxygène est toujours disponible.
Le nitrate d'ammonium influence également la chimie du milieu racinaire. Lorsque les plantes absorbent le nitrate, elles libèrent souvent des substances basiques qui peuvent, dans certains systèmes, entraîner une migration ascendante du pH au niveau des racines. À l'inverse, lorsqu'elles absorbent l'ammonium, elles libèrent souvent de l'acidité, ce qui peut provoquer une migration descendante du pH au niveau des racines. C'est pourquoi un engrais ou un environnement qui fonctionnait bien lors de la culture précédente peut soudainement devenir problématique si la forme d'azote change. Un cultivateur pourrait se dire : « Mon pH ne cesse de baisser et je ne sais pas pourquoi », alors que la véritable cause est un engrais à forte teneur en ammonium, que les plantes consomment abondamment. Dans un autre cas, un cultivateur pourrait constater que son pH augmente constamment et penser avoir besoin de plus d'acides, alors que le système est en réalité dominé par le nitrate et que c'est le profil d'absorption des plantes qui est à l'origine de cette variation.
L'influence du pH est l'une des raisons les plus concrètes de s'intéresser au nitrate d'ammonium. Le pH détermine la disponibilité des autres nutriments. Une légère variation de pH peut réduire l'absorption du calcium, du magnésium, du fer et du phosphore, selon le sens de la variation et le milieu de culture. Cela signifie que le nitrate d'ammonium peut indirectement causer des problèmes qui ressemblent à d'autres carences. Par exemple, un cultivateur pourrait observer un enroulement et des taches sur les bords des feuilles et supposer qu'il s'agit d'une carence en calcium. Or, si un apport excessif d'ammonium abaisse le pH de la zone racinaire et que l'environnement racinaire est stressé, le transport du calcium peut être limité, même en présence de calcium. Dans ce cas, le « problème » n'est pas un manque de calcium, mais une altération de la capacité de la plante à le transporter.
Si vous débutez en culture, la meilleure façon d'aborder le nitrate d'ammonium est de ne pas se focaliser sur une seule valeur numérique, mais plutôt sur une tendance. Observez la couleur des feuilles, la texture de la plante et les variations du pH. Votre objectif n'est pas d'obtenir une couleur vert foncé intense en permanence, mais une croissance saine et vigoureuse, avec des racines robustes et un apport stable en nutriments. Le nitrate d'ammonium peut y contribuer, à condition d'être équilibré par une bonne oxygénation, un arrosage adapté et un dosage raisonnable.